forages pétroliers en Méditerranée : la position de UICN

Publié le par permisrhonemaritime

l'UICN est "l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature". La commission d'experts de son comité français vient de publier sa position concernant les forages offshore. Nous la publions ci-dessous avec grand plaisir car elle correspond à tout point à la notre !

Cela commence à faire du monde qui se prononce contre ces projets de forages. Le gouvernement en tiendra compte ? Pour l'instant il a l'air de faire l'autruche en attendant le résultat des prochaines élections.

Position sur les forages pétroliers offshore en Méditerranée

Après avoir pris position contre les forages pétroliers offshore en Guyane lors de son dernier congrès en juin 2011, le Comité français de l’UICN exprime également son opposition sur la réalisation d’un projet de forage exploratoire au large du parc national de Port-Cros et du futur parc national des Calanques.


Forages pétroliers offshore en Méditerranée

RAPPELANT la fragilité écologique et l’importance socio-économique des milieux naturels marins et côtiers de la Méditerranée ;

RAPPELANT PAR AILLEURS le rôle important que jouent les écosystèmes marins et côtiers en fournissant des biens et services tels que la régulation du climat, la fourniture d’eau, l’atténuation des effets des catastrophes naturelles et la sécurité alimentaire ;

CONSIDÉRANT les importantes pressions dont font déjà l’objet les écosystèmes méditerranéens,

RAPPELANT que la demande portée par la société Melrose de prolongation du permis de recherche exclusive d’hydrocarbures liquides et gazeux concerne un secteur situé à moins de 50 km du Parc National de Port Cros, du sanctuaire Pelagos et du futur Parc National des Calanques, appartenant aux plus hauts sites naturels marins et côtiers français ;

CONSIDÉRANT que les travaux prévus par la société Melrose comprennent un forage exploratoire qui pourrait intervenir rapidement, alors que le rapport présente des lacunes importantes dans la rigueur des mesures de précaution mises en œuvre et la qualité scientifique des observations ;

RAPPELANT que le parc national de Port Cros, en qualité d’établissement public et d’animateur de la partie française de Pelagos, s’appuyant sur un avis défavorable de son Conseil scientifique, a émis les plus vives réserves quant à une possibilité de forage exploratoire ;

CONSIDÉRANT donc que les écosystèmes marins et côtiers sont susceptibles de subir un impact majeur en relation avec l’exploitation pétrolière ;

CONSIDÉRANT EGALEMENT les conséquences non maîtrisables qu’aurait un tel accident sur les milieux naturels, les ressources marines et sur les populations littorales ;

CONSIDÉRANT que le monde est confronté à des changements climatiques globaux qui entraînent une perte croissante de biodiversité et que l’exploitation non durable des ressources naturelles, au-delà de leur capacité de régénération, est une cause fondamentale des changements climatiques et exacerbe ses effets sur la biodiversité ;

RAPPELANT que, pour répondre à la fois au défi du réchauffement climatique et à la raréfaction progressive des énergies fossiles, la France s’est engagée dans le développement des énergies renouvelables et que la poursuite de ces travaux menaçant de hauts lieux du patrimoine naturel français est contradictoire avec les annonces faites dans le cadre du Grenelle, du fait des concentrations élevées de dioxyde de carbone rejetées dans l’atmosphère par l’exploitation et l’utilisation du pétrole ;

Le Comité français de l’UICN demande au gouvernement français de :

REFUSER la demande de la société Melrose de prolongation du permis de recherche exclusive d’hydrocarbures liquides et gazeux ;

RENFORCER la politique d’économie d’énergie et le soutien aux énergies renouvelables compatibles avec la sauvegarde de la biodiversité en France ;

ENCADRER le développement des politiques et des projets énergétiques, en :

• appliquant le principe de précaution pour les milieux naturels les plus sensibles,

• renforçant le travail scientifique préalable à la prise de décision des projets d’aménagement ou d’exploitation des milieux ou ressources naturels,

• exigeant une application exemplaire de la réglementation, avec des études d’impacts complètes sur la biodiversité et le respect du principe « éviter, réduire, compenser »,

RENFORCER sur ce thème la concertation avec l’ensemble des acteurs de la société civile, notamment avec les associations de protection de la nature et les gestionnaires d’espaces naturels.

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