le conseil scientifique du parc national de Port Cros donne un avis ....

Publié le par permisrhonemaritime

... négatif à la demande de prolongation du permis !

 

Parc national de Port-Cros

Conseil scientifique

DELIBERATION N°10/2011 DU 4 NOVEMBRE 2011

OBJET : Demande de prolongation et de mutation du Permis Rhône maritime.

Vu l'article R.331-32 du Code de l'environnement fixant les missions générales, la composition et les modalités de nomination d'un conseil scientifique de parc national,

Vu l'arrêté du 21 avril 2011 du Préfet du Département de Var arrêtant la composition du Conseil  scientifique du Parc national de Port-Cros,

Vu le règlement intérieur du Conseil scientifique adopté par délibération n°20/11 du 14 octobre

2011 du Conseil d'administration,

Vu l’élection du Président du Conseil scientifique en séance du 4 mai 2011,

Vu la demande de la Préfecture de Région datée du 5 octobre et reçue au Parc national de Port-Cros le 14 octobre 2011.

Vu la saisie du Conseil scientifique en date du 19 octobre 2011 par l’équipe technique du Parc

national de Port-Cros.

LE BUREAU DU CONSEIL SCIENTIFIQUE DONNE L'AVIS SUIVANT

Conformément aux discussions qui ont eu lieu en Conseil scientifique du Parc national de Port-

Cros, le Bureau du Conseil scientifique a examiné la demande de prolongation et de mutation du permis de prospection d'hydrocarbures liquides ou gazeux « Rhône maritime » à l'Ouest et au Sud du Parc national de Port-Cros. Cette phase n’a pas d’impacts notables directs sur les habitats et les  espèces sédentaires présentes dans le coeur du Parc. En revanche, elle peut avoir des impacts

importants sur les mammifères marins, animaux migrateurs fréquemment observés dans le coeur du

Parc, et potentiellement présents sur la zone de prospection durant toute l’année. Le Conseil

scientifique note que les mesures d’atténuation des impacts recommandées par les spécialistes des

mammifères marins, notamment partenaires du Sanctuaire PELAGOS, peuvent présenter une

certaine efficacité à la seule condition qu’elles soient correctement réalisées et contrôlées par des

instances ou des personnes totalement indépendantes désignées par l’Administration.

Conscient que cette phase de prospection n’a de sens que pour la phase d'exploration, voire

ultérieurement d'exploitation, d'hydrocarbures liquides ou gazeux, et que cette phase exploratoire

est détaillée dans l’annexe 7 transmise par le pétitionnaire, lequel « espère travailler sur un puits au

2ème trimestre 2013 », le Conseil scientifique a examiné les risques que pourraient causer ces phases

sur la préservation des espèces et habitats pour le Parc national. Il a été démontré qu'un incident

survenant lors de l'exploitation, voire même de l'exploration (exemple de l’accident de la plateforme

BP dans le Golfe du Mexique en 2010), d'un gisement d'hydrocarbures liquides ou gazeux

pourrait avoir des conséquences rapides et majeures pour les îles d'Hyères, et particulièrement pour

le Parc national de Port-Cros, principalement :

- sur les habitats et espèces qui présentent une biodiversité remarquable et une fragilité

toute particulière ;

- sur les paysages méditerranéens littoraux ;

- pour l’économie touristique, principal moteur du développement, de la création d’emploi

et de l’insertion sociale de la façade méditerranéenne.

Ces risques sont amplifiés par les profondeurs sur lesquelles seraient réalisées ces forages, dans des

zones de risque sismique élevé, avéré par le séisme de magnitude 5,2 sur l’échelle de Richter,

enregistré le 9 juillet 2011 et dont l’épicentre était situé à environ 100 kilomètres à l’Ouest

d’Ajaccio.

La consultation des archives de courantologie de la zone et des régimes de vents et de houles

permettent de démontrer que le coeur du Parc national de Port-Cros serait affecté dans des délais de

quelques dizaines d’heures à peine si une pollution par hydrocarbure liquide survenait dans la zone

du Permis Rhône maritime, rendant illusoire toute mesure de préservation. La probabilité d’être

impactée durant les premiers jours augmenterait jusqu’à devenir une certitude après quelques jours

de dérive des polluants en mer du fait des fluctuations des conditions météorologiques.

Ce risque de pollution concerne également le cas d’une recherche ciblée sur les hydrocarbures

gazeux. Selon la densité des différents polluants libérés dans le milieu naturel, tous les biotopes et

biocénoses marins et littoraux de Port-Cros pourraient être touchés durablement et parfois de façon

irréversible à l’échelle humaine. Par ailleurs, les polluants libérés, potentiellement toxiques,

intègreraient l’ensemble de la chaîne alimentaire, pour des durées indéterminées, avec des

conséquences biologiques, économiques et sanitaires notables. Enfin, la rémanence de ces produits

dans les compartiments potentiellement mobiles des biocénoses, notamment sédimentaires, pourrait

se compter en décennies.

L’impact considéré ici pour le seul coeur du Parc national de Port-Cros pourrait être le même pour

l’ensemble des aires marines protégées et du littoral continental méditerranéen et corse.

En conséquence, le Conseil scientifique du Parc national de Port-Cros émet un avis défavorable à

la poursuite de toute activité de prospection géophysique tant en raison des risques actuels d’effets

notables sur les mammifères marins qu’en considération des risques futurs considérables

indissolublement liés à la poursuite du projet.

Pour le Conseil scientifique du Parc national de Port-Cros,

Le Président du Conseil scientifique

Charles-François BOUDOURESQUE

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Bio Diveristé 29/12/2011 08:49

Bravo...mais la lecture de ceci n'est pas engageante

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/energie-environnement/actu/0201808639257-la-recherche-de-petrole-au-large-de-marseille-fait-des-vagues-267734.php